Economie: le PNUD parvient au constat d’une « corruption normalisée » en Guinée

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Ce lundi 09 décembre, journée internationale de lutte contre la corruption, une conférence de presse s’est tenue au ministère des Investissements et des Partenariats Public-privé pour parler de la situation de la corruption dans le pays. Cette journée est célébrée sous le thème : Corruption et environnement des affaires, impacts, enjeux et perspectives.

A sa prise de parole, le représentant du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a peint un tableau sombre de la corruption en Guinée.
« La question de la corruption est essentiellement un problème de gouvernance. Un constat nous amène à dire que l’échec des institutions c’est le manque des capacités à gérer la société au moyen de systèmes équilibrés ou de contre-poids sociaux juridiques et économiques qui font que la corruption s’installe. En effet, quand les systèmes formels et informels s’avèrent inopérants, la mise en œuvre et l’application des lois et des politiques assurant la responsabilisation et la transparence deviennent difficiles pour ne pas dire problématiques. 
Un faisceau de points en termes de faiblesse a été constaté en Guinée au regard de la problématique de la corruption. Ce faisceau s’articule autour du tricycle faiblesse-inefficacité-et corruption normalisée. Sur la faiblesse, on a noté, des institutions politiques et des cadres juridiques faibles.
On a observé un manque d’orthodoxie au niveau financier et de la discipline budgétaire financière. On a noté une faiblesse dans le traitement salarial des  fonctionnaires et agents de l’État. L’inefficacité s’observe au niveau des organes de contrôle et au niveau de la justice. On voit que l’agent public intègre est considéré comme un maudit alors que le fonctionnaire corrompu riche devient un modèle, une référence pour les jeunes….. », a t-il indiqué.
Pour sa part, Gabriel Curtis, ministre des Investissements et des Partenariats public-privé, a mis l’accent sur les quelques dispositions prises par le gouvernement pour lutter contre la corruption dans le pays.
« Le Premier ministre a mis au centre de l’action gouvernementale la lutte contre la corruption pour traduire dans la réalité la vision du chef de l’Etat pour une gestion parcimonieuse des finances publiques de manière à investir plus efficacement dans l’amélioration du climat des affaires et des conditions de vie des populations. Ainsi, depuis 2010, l’action du gouvernement dans la lutte contre la corruption s’est focalisée sur plusieurs actions : l’inscription de la lutte contre la corruption dans la lettre de mission de tous les membres du gouvernement et l’exigence de transparence dans tous les processus administratifs ; l’adoption de la loi portant prévention, détection et répression de la corruption et des infractions assimilées en juillet 2017 ; la mise sur pied d’un arsenal important de contrôle impliquant plusieurs institutions républicaines et administratives (la Cour des comptes, l’Inspection générale d’Etat, l’Inspection générale des finances, l’autorité de régulation des marchés publics, l’agence nationale de lutte contre la corruption, l’Agent judiciaire de l’Etat, la CENTIF pour le blanchiment d’argent) ; la transparence dans le processus administratif particulièrement dans l’Administration publique. Je prends le secteur des mines avec l’adoption de l’initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) ; le recours aux technologies de l’information pour accroître la transparence. L’adoption d’un nouveau code des marchés publics concourt également à cette nouvelle transparence et responsabilité dans l’Administration publique, la mise en place du guichet unique du commerce extérieur, le programme de réforme et de modernisation de l’administration (PREMA) du ministère de la Fonction publique qui vise à lutter contre la corruption et moraliser la vie publique », a-t-il longuement expliqué.
La Guinée, selon le ministre, est classée 156 ème pour le classement 2020 au Doing business contrairement à 2019 où elle occupait la 152 ème place. Selon ce classement, le pays a progressé de 23 points depuis 2011.
Diop Ramatoulaye
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