L’armée en action à Labé: le député uninominal décrit «la terreur» en cours (Interview)

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Guinée-Dans un entretien accordé à la rédaction de Guinee114.com ce mardi, 14 janvier 2020, le député uninominal de Labé évoque la situation qui prévaut dans cette ville où les violences ont conduit à la mort d’un manifestant et au déploiement de l’armée.

Lisez!

Guinee114.com : quelle est la situation qui prévaut ce matin, l’armée a-t-elle rejoint finalement le camp ?

Non, l’armée n’a pas rejoint le camp. Ils sont en train de semer la terreur dans la ville de Labé. A partir de là où je suis, au niveau du quartier Tata, j’entends les coups de feu, des tirs à l’arme automatique et je sais c’est du côté du quartier N’diolou et du quartier administratif. Ils sont en train de s’éparpiller dans toute la ville pour semer la terreur. Je ne vois pas réellement qu’est-ce qui justifie la réquisition de l’armée par rapport à des manifestations pacifiques du FNDC.

Dans une interview qu’il a accordée à notre média, le gouverneur de Labé dit que des gens seraient importés pour une insurrection dans la cité. Que répondez-vous? 

Madiing  Diané, c’est un spécialiste de complot. Mais La ville de Labé, ce sont les 28 quartiers, les 13 sous-préfectures, les 12 communes rurales et la commune urbaine de Labé. Quelqu’un qui est à Labé, qu’il soit de Popodara, Sannou, Kalan, il est de Labé. Personne n’a été importé, le mot d’ordre qui a été lancé par le FNDC c’est que chacun manifeste dans son secteur, dans son quartier, dans sa commune, dans sa sous-préfecture, dans sa préfecture. Les gens de Popodara ont manifesté chez eux, les gens de Kouramangui chez eux, les 28 quartiers de la commune urbaine de Labé  ont manifesté chez eux. Comment il a pu reconnaître les gens qui ont quitté Popodara, Kouramangui ou une d’autres sous-préfectures. Ce sont des mensonges.

Madifing Diané dit que la ville était en état de guerre, ce qui l’aurait obligé à faire appel à l’armée. Qu’en pensez-vous ?

Il n’était même pas 10 heures, dès le matin, très tôt, il a fait appel à l’armée, il avait déjà prémédité cela. Le 04 janvier, quand il recevait les vœux des fonctionnaires du gouvernorat, il a dit qu’il allait réquisitionner l’armée et qu’il allait donner des consignes dont il va endosser l’entière responsabilité des conséquences. C’est ce qui fait que nous pointons un doigt accusateur sur lui par rapport à l’assassinat du jeune et par rapport à tous les actes de vandalisme qui sont en train de se passer dans la cité de Karamoko Alpha mo Labé. Mais voilà, ce sont des termes grossiers comme çà qu’ils utilisent pour justifier leurs sales besognes. C’est outrageant même, ses propos.

Quel est le mot d’ordre d’aujourd’hui ?  

C’est de continuer ! Nous avons dit hier qu’on a débuté, aujourd’hui c’est la phase d’expansion et de consolidation des acquis de la journée d’hier et nous allons continuer. Le FNDC a dit que ce sont des manifestations dans tous les quartiers, districts, secteurs communes de façon ininterrompue jusqu’à ce que monsieur Alpha Condé renonce à son projet suicidaire de troisième mandat.  Mais aujourd’hui, pourquoi ne pas soigner le mal à la racine? Pourquoi on est en train de parler des détails et on laisse la raison principale ?  Pourquoi ces gouverneurs de région, ces préfets, ces ministres, ne font pas entendre raison à monsieur Alpha Condé ? Pourquoi le premier magistrat du pays se permet de violer la constitution, violer les lois de la République, toucher les interdits, toucher l’article 154 dans lequel sont verrouillées les intangibilités constitutionnelles.

Monsieur Alpha Condé est en train de les déverrouiller et toutes les institutions de la République aujourd’hui, tous les membres du gouvernement, l’accompagnent dans cette forfaiture.

Tout ce qui adviendra, toutes les conséquences qui en découleront, le seul responsable c’est monsieur Alpha Condé. Le gouvernement et les administrateurs territoriaux sont en train d’exécuter et de faire exécuter des ordres manifestement illégaux, réprimés ou condamnés par notre constitution, par le code pénal guinéen mais également par le droit international humanitaire et par toutes les lois supranationales

Propos recueillis par Diop Ramatoulaye

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