Législatives 2020: le député de Tougué candidat à sa succession « malgré les ratés »-(Interview)

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Le dépôt des candidatures pour les élections législatives du 16 février prochain, débute officiellement ce mercredi 18 décembre 2019. Au niveau des QG des différents partis politiques, la préoccupation majeure porte sur le choix des candidats. Dr Alpha  Mamadou Baldé, député uninominal de Tougué, membre de la commission environnement, pêche, développement rural et durable à l’Assemblée Nationale, annonce sa candidature pour un second mandat à l’uninominal de Tougué au compte de l’UFDG.

Dans cette interview que vous propose Guinee114.com, le député de Tougué revient sur son bilan du premier mandat à l’Assemblée Nationale. Bilan et perspectives, le député dit tout.

Guinee114.Com: Etes-vous candidat aux élections législatives du 16 février 2020 ?

Dr Alpha  Mamadou Baldé: Je suis candidat au scrutin uninominal à Tougué, tout simplement parce que j’ai consulté ma base, ensuite j’ai fait mon bilan, j’ai évalué ce que j’ai fait et ce que je n’ai pas pu faire. Il y a eu beaucoup de ratés, c’est ma première fois, il y a eu des faiblesses, il y a eu des occasions manquées, j’ai estimé que si j’avais encore la confiance de mes électeurs, je pourrais briguer un deuxième mandat de député uninominal. Avec l’expérience de la législature qui s’achève, je pourrai corriger certaines faiblesses et améliorer les performances locales.

Quel est votre bilan durant votre première mandature ?

Je suis un consultant international de développement, des questions liées à l’entrepreneuriat jeune, agricole, développement de collectivité locale, entrepreneuriat féminin. Dès que j’ai démarré ma fonction, j’ai utilisé les mêmes techniques que nous nous avons, c’est-à-dire faire un diagnostic au niveau local, pour connaître quels sont les vrais problèmes de Tougué et quelles sont les opportunités, et les forces, les faiblesses et les menaces qui se présentent sur le terrain. J’ai mis ça dans un film documentaire de 52 minutes, j’ai fait 300 CD, j’ai distribué ici et à l’étranger au niveau des ressortissants. C’est ce qui nous a permis d’organiser un forum à Tougué en 2018 pour parler du développement de la préfecture.

Avec la maladie à virus Ebola, j’ai été le tout premier à acheter des kits que j’ai installé dans les marchés de toutes les sous-préfectures, j’ai moi-même lavé mes mains avec, pour dire aux gens qu’il n’y a rien de contaminant. On a accentué la sensibilisation. C’est pourquoi Tougué n’a enregistré qu’un cas de maladie à virus Ebola. Autres réalisations, c’est ce qui concerne, les voies de communication, c’est-à-dire les pistes rurales. Au niveau local, Tougué est la préfecture la plus enclavée, il y a des pistes qui sont tellement défoncées où même des 4×4 ne peuvent pas passer. L’État a complètement abandonné cette préfecture. Depuis plus de dix ans, aucun projet de route n’a été réalisé, pas d’addiction d’eau. Les Caterpillars et autres ne sont pas passés par là, pour travailler la route. J’ai loué un camion-benne à Labé pour aller faire des remblais et colmater certains trous, notamment sur la route Fello Koundoua en allant vers Guessawoula, frontière guinéo-malienne.

Cela a été une œuvre assez bien appréciée par les populations. Donc c’est une action que je devrais continuer pour désenclaver la population. Sur l’éducation, c’est très difficile, on a toujours des problèmes au baccalauréat. En 2015 on a eu zéro admis, après j’ai pu trouver deux jeunes à Labé qui vont enseigner les matières pour lesquelles les élèves n’avaient pas de professeurs. J’ai payé leur salaire pendant trois ans et je les ai logés chez moi et cette année on a eu 25% en sciences expérimentales, l’année suivante 35% comme taux d’admission.

Mais fort malheureusement, il y a eu les outils informatiques mais il n’y a pas de formateurs en informatique. Pourtant, il y a le courant et je suis reparti à Labé pour encore prendre un autre formateur pour les enfants, mais cela n’a pas pu durer et les problèmes persistent.

Pour la santé, c’est la même chose. On devrait faire du lobbying pour que les médecins volontaires qui sont sur place à l’hôpital préfectoral soient engagés localement au lieu qu’on recrute des jeunes ici et qu’ils refusent d’y aller. Sur 17 médecins envoyés à l’hôpital, deux seulement ont rejoint.

Pour la jeunesse, j’ai formé plusieurs jeunes en technique de montage de projet, montage de business plan dans cette préfecture. A travers mon cabinet, au total j’ai formé 400 jeunes en deux mois.

Qu’est-ce qui n’a pas marché selon vous ?

Ce qui n’a pas marché, continuer l’action pour la formation, l’appui et conseil, montage de micro-projets, le financement des projets.  Je suis allé à mi-chemin, je n’ai pas pu continuer et cela n’a pas marché. Il ne s’agit pas de former les jeunes seulement, il faut les accompagner. Sur l’éducation, je compte sensibiliser mes concitoyens qu’on s’associe pour trouver des enseignants. Un diagnostic a montré que Tougué manque de 108 enseignants, toutes matières confondues. Pour les femmes, pour mon deuxième mandat, je les organiserai en coopératives, je donnerai les formations à ces femmes qui ont des groupements, les mettre en relation avec certaines institutions de financement descent pour qu’elles puissent avoir des ressources et travailler.

Quel message adressez-vous aux autres prétendant à l’uninominal de Tougué au compte de l’UFDG ?

Je félicite et encourage tout le monde. Ça permet à chacun de se dire attention, je ne suis pas seul, je dois produire des résultats. J’aime la compétition, pourvu qu’elle soit loyale, pas d’animosité, pas d’ingratitude.

Interview réalisée par Diop Ramatoulaye 666751610

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